19 Septembre 2021 13:56

Dossier : les films interactifs

Le film interactif est un type de jeu vidéo, sous-genre du jeu d'aventure, entièrement composé de cinématiques. Les scènes peuvent être jouées par des personnages de synthèse ou, au contraire, par de vrais acteurs : c'est précisément de ce dernier type de jeu que nous allons traiter dans ce dossier et nous prendrons comme exemples deux jeux PC diamétralement opposés dans leur esprit :
- Phantasmagoria (jeu d'horreur réalisé en 1995 par Sierra) ;
- Fort Boyard : La Légende (jeu réalisé en 1996 par Microïds).
Tous deux sont néanmoins des point-and-clicks.


Un excellent jeu vidéo, c'est la réunion de beaux graphismes, de musiques envoûtantes, d'une jouabilité sans impair et d'une bonne durée de vie, le tout dans un scénario parfaitement millimétré.

Pour un jeu en full motion video (un jeu qui se base donc sur des séquences vidéos pré-enregistrées), les caractéristiques sont sensiblement identiques, la différence se faisant, bien entendu, au niveau des graphismes où l'on attend des acteurs qui remplacent les personnages de synthèse qu'ils jouent très bien leur rôle ; pour les décors, deux situations sont envisageables :
- la première et la plus fréquente correspond à un lieu bel et bien réel dans lequel les acteurs vont tourner toutes les situations imposées par le scénario ;
- l'autre consiste à incruster des décors 2D après avoir filmé les acteurs sur un fond de couleur.

Le dernier cas correspond à celui de Phantasmagoria puisqu'il parait improbable de trouver, dans la réalité, un lieu aussi malsain que celui qui est présenté dans le jeu. Voici une scène présente dans le jeu, avant et après incrustation des décors 2D :



Le principal reproche qui est adressé aux films interactifs, c'est le manque de liberté. En effet, le joueur a souvent un rôle assez passif et n'intervient que pour des actions basiques : choisir la direction dans laquelle le personnage doit aller, la réplique à utiliser lors d'un dialogue... Pourtant, le dernier chapitre de Phantasmagoria surprend car il oblige le joueur à faire des choix rapidement en laissant parfois la possibilité de faire des choses que l'on ne verrait sans doute jamais dans un jeu traditionnel sans acteurs... D'ailleurs, ce chapitre à lui seul a nécessité une semaine entière de tournage, selon la scénariste du jeu, Roberta Williams.

Attention ! Même si nous avons fait le montage nécessaire pour qu'aucune scène d'horreur n'apparaisse dans la vidéo, nous ne conseillons ni aux mineurs ni aux personnes émotives de la regarder. En effet, dans ce dernier chapitre, l'héroïne, Adrienne, doit fuir son mari qui est possédé par le démon et ne désire plus que la tuer. Une poursuite s'engage donc dans la ténébreuse maison...


On le disait plus haut, pour que le joueur puisse croire à la réalité du scénario proposé, le jeu d'acteur doit être sans faille. Ce n'est pas toujours le cas de Phantasmagoria, la faute notamment au doublage des voix françaises qui n'est parfois pas synchronisé par rapport à l'image (les voix originales sont en effet anglaises). Evidemment, on ne rencontre pas ce problème pour Fort Boyard : La Légende, un jeu bien français. Même s'il est plutôt bâclé, on s'amuse de son côté kitsch à outrance typique des années 1990 que tous les acteurs parviennent à bien faire ressentir.

Que ce soit à la bibliothèque ou chez l'électricien, nombreux sont les personnages de cette aventure de Fort Boyard à disposer d'une personnalité franchement atypique.


En conclusion, on peut se demander pourquoi les jeux en full motion video n'existent plus de nos jours. La première partie de la réponse est peut-être dans les coûts de production puisqu'il faut à la fois payer les acteurs, les caméramen... L'autre partie tient surement dans les évolutions techniques qui font qu'aujourd'hui un jeu intégralement conçu en images de synthèse est suffisamment réaliste, comme l'a prouvé Heavy Rain sur PlayStation 3. La présence d'acteurs dans un jeu vidéo semble donc être une période désormais réservée exclusivement aux nostalgiques.


Rédigé le 26/03/2011

© 2004-2021 GD Productions
Tous droits réservés